Quelques extraits...

Quelques extraits d'ouvrages relus et corrigés...

Roman : Un film ne suffit pas/Tome 1 - Laëtitia Sacré - Rebelle éditions

En vente partout et sur www.rebelleeditions.com

(Début) Le commerçant est immobile. 

Rester trop longtemps dans la même position martyrise son dos fragilisé par les années. Il ne souhaite qu'une chose, s'asseoir dans son canapé neuf tout en buvant un lait chaud préparé par sa femme, mais, malgré la douleur et son envie, il attend. Depuis quelques jours, il sait qu'il va venir. C'est le moment. 

Et, comme prévu, son intuition ne lui a pas menti. Durant l'après-midi, un homme costaud, aux tempes grisonnantes, s'engouffre dans la boutique exiguë. Dans ses bras, un objet encombrant l'empêche de se mouvoir correctement. Il manque de renverser plusieurs statuettes coûteuses. Le brocanteur ne s'en formalise pas, il vient de récupérer son bien le plus précieux. Le client le dépose par terre tout en se massant les reins. Une goutte de transpiration glisse sur son front et tombe dans son œil. Il bat des paupières pour la chasser de sa vision. 

- Votre engin me paraît plus lourd chaque fois. 

L'antiquaire fait le tour de son comptoir et, lui qui se plaignait de ses douleurs lombaires dix minutes plus tôt, attrape l'appareil avec une facilité déconcertante. Le visiteur n'en revient pas. (...)

Roman : Terre d'asile - Juliette Baron - Rebelle éditions.

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(Début) À plat ventre dans les herbes folles et rêches, dont l'odeur de poussière m'emplit le nez, je relève doucement la tête pour jeter un coup d'œil en face de moi. La terre est dure contre mon corps et le vent froid ébouriffe mes cheveux. Je plisse les yeux. Les lumières de la Ville scintillent à quelques centaines de mètres de moi. Seulement quelques centaines de mètres... ! La Ville dont j'entends parler depuis si longtemps, la Ville dont je rêve, ce paradis terrestre inaccessible qui pourtant se trouve à quelques heures à peine des Ruines !

Je tourne la tête pour regarder par-dessus mon épaule et, dans la pénombre brunie par l'éclairage artificiel des murailles, je croise les yeux de Zac, couché non loin de moi dans les graminées. Je lui fais un petit geste de la tête et mon ventre se tord soudain : je viens de lui donner le signal, qu'il transmet à Rémi, étendu à côté de lui. Mon pouls s'accélère et je sens mon front se couvrir d'une fine pellicule de sueur. J'entends derrière moi des bruissements confus de vêtements et de feuillages. Mes deux compagnons sont en train de se remettre sur leurs pieds. Un peu tremblante - et soulagée que la nuit cache ces tremblements - je me redresse à mon tour et, courbés en deux pour rester discrets parmi les fourrés, nous nous mettons à courir en direction de la Ville. (...)

Roman jeunesse : Pablo et le cheval sauvage - Mamie Ja - Verte Plume éditions.

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(...) Un jour d'été, alors qu'il se promenait près de l'étang, le garçonnet aperçut un homme avec un chapeau de paille qui peignait des iris sur un tableau. En cette saison, il y en avait à profusion au bord de l'eau. Les fleurs se courbaient sous le vent qui soufflait en rafales, car le mistral s'était levé. Il resta admiratif durant un long moment, émerveillé par tant de beauté et ébloui par les couleurs chatoyantes ainsi que la belle luminosité qui émanaient du tableau. Il ne faisait pas de bruit pour ne pas déranger l'homme qui semblait absorbé par son travail. Puis, n'y tenant plus :

- Bonjour Monsieur, c'est beau ce que tu fais, lui dit-il en souriant. Comment tu t'appelles ? Moi, c'est Pablo.

- Oh tu m'as fait peur ! répliqua l'homme en se retournant vivement.

Il avait un fort accent étranger, et Pablo était bien trop jeune pour en déterminer l'origine.

- Je m'appelle Vincent et je suis peintre. Tu vois Pablo, j'aime tellement la nature que je la grave sur mes tableaux, pour qu'elle reste éternellement belle. Je suis content que tu apprécies mon travail et je te remercie infiniment. J'espère que le monde, un jour, reconnaîtra mon art...

Puis il reprit son travail. (...)

Roman autobiographique : Cléo, le couloir de la purgation - Dom-Lucien Chevalier - Rouge et noir Alternative éditions.

En vente sur toutes les librairies en ligne.

(...) - À présent Dom, ne te retourne plus et avançons ensemble sur les rails du souvenir de ta vie antérieure. Nous avons tant de chemin à parcourir, de nombreuses personnes à rencontrer qui nous fourniront l'énergie motrice intellectuelle nécessaire afin de réaliser ce parcours initiatique.

« Notre binôme constitue le péditrain qui nous mènera à bon port. Nous ferons halte dans les différentes gares ferroviaires de la mémoire que nous traverserons tout au long de notre périple de purification. Allions l'utile à l'agréable. »

- Quel sera l'objectif de ces arrêts, Cléo ?

- Te remémorer les événements dont l'impact enrichissant et bienveillant restera à jamais gravé en ta conscience. Ce seront les escales de la souvenance et de la reconnaissance. Tout ce que tu as voulu savoir sur l'épopée humaine sans trop t'y intéresser de ton vivant. Dans le contexte présent, lors de notre progression, tu rencontreras les héros de tes rêves. Tu combleras ainsi les carences de ton patrimoine culturel, psychologique ou idéologique.

À l'écoute de ces mots, je me rengorgeai de noblesse. Je me pâmai d'admiration pour la petite entité que je représentais emplie, je ne savais pas pourquoi, d'une boulimie d'égoïsme et de narcissisme. Je devenais le nombril des attentions, le centre des intérêts de tous - touchez ma bosse, Monseigneur.

J'étais heureux. Heureux d'avoir été, de ressentir la sensation d'un accomplissement personnel réalisé en totalité au cours de ma vie terrestre. Je n'étais pas un saint, mais apparurent, de nombreuses fois dans mon destin, des petits moments éphémères d'abnégation et d'altruisme. (...)